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Jeudi 29 janvier 2015 - Auditorium Paris Marceau (12 avenue Marceau)

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« Agriculture durable, la clef du sol »

La comparaison entre l’art musical et celui de l’agriculture n’est pas usurpée. Placée en début de portée, la clef de sol est un point de repère à partir duquel on détermine les positions des autres notes. Elle indique la voix qui interprétera la composition.

L’agriculture ne diffère pas de cette logique. Placé à la base de la conduite agronomique d’une ferme, le développement de la fertilité du sol, à travers la réduction de sa perturbation et la mise en place de couverts végétaux et le développement de l’activité biologique, donne le tempo de la fertilité et de la productivité des systèmes agricoles.

 

09 :30     Allocutions d’ouverture

Jean-François SARREAU, Président de l’IAD


09 :45    Grand témoin : Guy RIBA, ex- Directeur de recherche, Directeur général délégué, INRA


10 :00    Table ronde 1 : « Crises climatiques et économiques : l’atout sol »

avec:

  • Michel BOUCLY,  Directeur Général Adjoint, en charge de l’Engagement Durable, de l’Innovation et de la Stratégie, groupe AVRIL
  • Gabriela CRUZ, agricultrice (Portugal)
  • Joël JOFFRE, Directeur de la société AGRinputS (Agricultural Input Strategies)
  • Jean-François SOUSSANA, Directeur scientifique Environnement, INRA
  • Anna TRETTENERO, agricultrice (Italie)

Témoignage :

  • Konrad SCHREIBER, chargé de mission IAD

La question du changement climatique est au cœur des débats, tant au niveau des négociations internationales qu’aux échelles plus locales. Les prévisions sont alarmantes et les secteurs de l’agriculture et de l’élevage,  souvent pointés du doigt comme étant une cause majeure du réchauffement climatique, en sont aussi les premières victimes. Aux conditions climatiques exceptionnelles de 2010 (froid prolongé au printemps, déficit hydrique…) a succédé une année 2014 (pluviosité continue, inondations…) qui a accentué ce sentiment d’incertitude face au climat.

Des solutions existent.

Les options pour atténuer les émissions de CO2 provenant de l'agriculture actuelle comprennent : la réduction des émissions des sources actuelles, la création et le renforcement des puits de carbone. L’option pour accroître le rôle de la terre agricole comme puits de carbone consiste à gérer ces terres conformément aux enseignements que nous donne l'écosystème naturel, c'est-à-dire toujours couvert et non perturbé tout en maintenant un haut niveau de productivité.

Quelles stratégies d’adaptation les agriculteurs peuvent-ils adopter et quels outils innovants leur permettent de se prémunir des aléas climatiques ? Et quel est le potentiel d’atténuation des changements climatiques de l’agriculture et comment le valoriser ?

En dehors des aléas climatiques auxquels font face les agriculteurs depuis toujours, se trouvent depuis plusieurs années les risques de marchés. En 2014, la chute de 30 à 35% des prix du blé, du maïs ou du soja depuis le mois de mai ont des répercussions directes sur les résultats économiques des agriculteurs français. De nombreux facteurs sont en cause : les effets de la mondialisation (embargo russe, achats des terres,…), la structuration du marché (effondrement des prix, différentiels du coût du travail, matières premières, concurrence, mondialisation des prix, …). Jusque-là, l’intensification des cultures a été la réponse traditionnelle à ces risques et montre ses limites avec les gestions techniques conventionnelles. Or le produire plus ne doit se concevoir que dans le produire mieux dans des systèmes agronomiques repensés et mettant la préservation des sols comme point de départ au sein des pratiques agricoles.

Les efforts pour augmenter le taux de carbone du sol, outil important d’atténuation du climat et de résistance aux aléas climatiques, ont d'autres avantages en termes d'amélioration de productivité et de durabilité des systèmes de production agricoles. A ce stade des spéculations climatiques,  la construction d’une agriculture véritable puits de carbone peut s’effectuer dans le cadre de l’acte de production par la restauration des sols. 

La gestion durable du sol ouvre de nouvelles perspectives en réponse aux défis climatiques et économiques : l’augmentation de l’autonomie alimentaire, la croissance de la production avec 3 et 4 cultures en 2 ans, réduction des coûts, la réduction des pollutions, la production d’énergie renouvelable, de bio matériaux, …

Seule les pratiques issues de l’agriculture durable, et notamment la construction des sols fertiles, semblent en mesure de redonner des marges de manœuvres aux agriculteurs. Mais cette réalité doit faire l’objet d’une prise de conscience de tous les acteurs, institutionnels, industriels et agriculteurs, en dehors des traditionnels soutiens aux prix.


12 :30 Déjeuner


14 :00   « L'agroécologie, état des lieux », par Catherine GESLAIN-LANEELLE, Directrice générale des Politiques agricole, agroalimentaire et des territoires

14 :30   Table ronde 2 : « A l’écoute du sol : une réponse majeure aux enjeux d’une agriculture durable »

avec

  • Jeremy DYSON, SYNGENTA
  • Alfred GASSLER, agriculteur et consultant
  • Soren ILSOE, agriculteur (Danemark)
  • Tony REYNOLDS, agriculteur (Espagne)
  • Gilles SAUZET, CETIOM

Témoignage :

  • Aubin LAFON, projet Agr'eau
  • Olivier TASSEL, président de Sol en Caux

La liste des impacts positifs des pratiques agronomiques de conservation des sols est longue lorsque celles-ci sont maîtrisées : réduction très importante de l'érosion, meilleure portance (une parcelle en semis direct sous couvert reste praticable toute l'année), remontée du taux de matière organique, amélioration de la réserve utile en eau, réduction des pertes par évaporation, meilleure infiltration de l'eau,  suppression des semelles de labour et des ruptures de structure du sol, réduction des intrants,  meilleure auto fertilité et meilleure rétention des engrais,  rendement plus élevé et plus constant, réduction de la pression des ravageurs et des adventices… L’ensemble de ces effets montre que la dimension du sol est primordiale en agriculture. Et que la conservation de la fertilité des sols s’accompagne de façon indissociable de la conservation de l’eau.

Les freins à cette agriculture pourtant fortement développée à travers le monde sont connus : haut niveau de productivité de notre agriculture, peu de références techniques, climat clément autorisant les sols nus, fort ancrage psychologique du labour. Le passage à une agriculture durable qui développe la fertilité et la productivité des sols nécessite dès lors la mise en place d’un certain nombre de conditions, parmi lesquelles :

  • la formation et l’accompagnement des agriculteurs dans le passage à l’agriculture durable,
  • la nécessité d’une recherche appliquée, répondant aux besoins nouveaux et à la maîtrise des nouvelles pratiques de l’agriculture durable,
  • l’implication des grandes entreprises d’approvisionnement et de mécanisation dans cette révolution agricole,

A travers des témoignages et l’interpellation des agriculteurs, la question est de savoir comment introduire ces stratégies de préservation des sols ?

S’il est vrai que les impacts dans le temps de l’agriculture durable n'a aucune mesure avec les délais qui président à la dynamique évolutive des sols, c’est l’avenir de l’agriculture à travers ses opportunités économiques et ses bénéfices environnementaux et sociaux qui se dessine.


16 : 30 Discours de clôture

Jean-François SARREAU, Président de l’IAD

Stéphane LE FOLL, ministre de l’Agriculture

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